Tuesday, June 25, 2013
Mon travail d'humaine
Je tiens cette expression de Christie, chez qui je l'ai découverte.
Cela m'a tellement parlé que j'y repense très souvent.
Ce travail d'humaine, à la façon dont je le comprends, désigne tout le temps que je peux passer à prendre soin de mes enfants, de mon couple, de mon père, de mon frère....
Temps pendant lequel je suis avec eux, mais aussi temps passé à organiser les activités extra-scolaires de mes loulous, à réserver la baby-sitter pour un resto en amoureux, à rédiger les fiches de paie de l'employée de mon père, à trouver un livre qui plairait à mon frère....
Il inclut aussi le temps pendant lequel je m'occupe de moi, pré-requis indispensable pour être en mesure de m'occuper des autres. Piano, méditation, lectures, soins, massages....
Mon travail d'humaine, je devine peu à peu qu'il comprend aussi tout ce par quoi je passe pour grandir, évoluer, cheminer vers plus de sérénité et de sagesse, aussi vers ce à quoi je suis appelée (et qui se précise, en ce moment, oui ! Je vous en parlerai).
Ce travail d'humaine, il est si peu reconnu par notre société... Si peu, que j'ai parfois dit, depuis que je suis au chômage : je ne fais rien.
Alors que c'est si faux. C'est justement un temps où ce travail d'humaine prend plus d'ampleur : je consacre plus de temps à mes enfants, à ma famille ; je me recentre, explore le plus grand nombre de voies possibles pour cultiver mon équilibre intérieur, apprendre à me connaître et découvrir des méthodes/rituels qui m'aideront une fois de retour au boulot. Je travaille à guérir des blessures intérieures. Je cherche et suis en train de trouver ma voie, la vraie.
Pour illustrer son propre travail d'humaine, une psychologue m'a expliqué qu'elle avait complètement arrêté toute activité professionnelle pendant un an pour s'occuper de sa mère mourante, qui demeurait à l'étranger. Puis qu'il lui avait bien fallu 18 mois pour retrouver une clientèle et un rythme de travail normal.
La vie exige parfois que nous prenions le temps nécessaire, pour accomplir notre devoir de fille, mère, compagne, personne vivante. Comment la société accueille-t-elle, voire accompagne-t-elle ce temps?
Les entreprises ne donnent en général que 3 jours pour le décès d'un parent. C'est si peu, trop peu.
J'ai enterré ma mère le dernier jour d'un de mes congés maternité, ma boîte a refusé de m'accorder les congès "décès" en supplément. Je sais que, légalement, ils n'avaient pas à le faire. Mais, enfin, 3 jours, alors que je bossais pour eux depuis presque 5 ans...
Je suppose que chacun doit composer pour réussir à prendre ce temps, ce temps dédié à la vie, ce temps que la Vie appelle parfois, de manière pressante et impromptue.
Et, finalement, je bénis ce temps de pause forcée, ce temps de transition et de transformation.
Merci la Vie !
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"Pour illustrer son propre travail d'humaine, une psychologue m'a expliqué qu'elle avait complètement arrêté toute activité professionnelle pendant un an pour s'occuper de sa mère mourante, qui demeurait à l'étranger. Puis qu'il lui avait bien fallu 18 mois pour retrouver une clientèle et un rythme de travail normal." Cette phrase fait écho en moi j'aurai besoin de temps d'un arret plus long que les 4 pauvres jours que le "Centre de toutes les attentes" a bien voulu m'octroyer . J'ai du pour cela prendre des RTT mais raccourcir au plus, parce que le cabinet perd de la parentèle, qu'il faut payer les charges, gagner sa vie, parce qu'au boulot salarié une semaine d'absence ça grogne .... Et pourtant si je pouvais j'aimerai être un congé maladie sur le salariat et faire le cabinet à mon rythme, hélas administrativement cela semble impossible ... Les gens ne comprennent pas ce besoin d'une pause, que je ne peux en ce moment aider les gens car moi même j'ai besoin d'aide... On me dit que je ne travaille pas à plein, que je n'ai pas un travail physique, alors de quoi je me plains? J'ai l'impression dans notre société que la fatigue physique a un sens et est reconnue mais la fatigue morale ça par contre... Surtout quand on est psy quoi le psy ne va pas bien des fois? Cordonnier le plus mal chaussé! ;)
ReplyDeleteCatherine
coucou Catherine, merci pour ton long message. Tu as perdu quelqu'un de proche récemment (désolée, je n'ai pas tout suivi) ?
DeleteJe crois que beaucoup de monde a encore du mal avec la fatigue morale ou nerveuse. Même si pourtant celle-ci est bien réelle et cause des dégâts. C'est dans un contexte de fatigue nerveuse extrème que j'ai négocié avec mon ex-boîte mon départ. Et que j'ai encore du mal à complètement "me remettre". Même les médecins ne savent pas trop faire....
Tu sais, un congé maladie, un médecin peut te le donner, et en fonction de ce que tu vis, ça ne me paraîtrait pas "volé". Dans mon cas, on me l'avait proposé plusieurs fois (dans le contexte de ce fameux "surmenage"), mais j'ai toujours refusé car je savais que ça ne résoudrait pas le problème (qui était le boulot-même), que c'était reculer pour mieux sauter. En revanche, si tu fais face à un souci personnel, le bon sens voudrait que tu puisses prendre le temps de t'en occuper et de t'en remettre....
Je t'embrasse bien fort, Catherine !
Très beau post, merci d'avoir si bien su définir notre travail d'humains...
ReplyDeleteSandy
Merci beaucoup pour ce commentaire, Sandy, ça me touche. :)
DeleteQuel beau post qui vient m'interpeller et faire écho à temps de choses.
ReplyDeleteJ'aurais tant besoin de me mettre en mode pause aujourd'hui et ne prendre soin que de moi, de mon corps et de mon Namoureux.
Bref.
En tant qu'"accompagnante", je tente de déculpabiliser les demandeurs d'emploi que j'accompagne sur ce temps dont tu parles, dont la société pense qu'ils ne font rien, alors qu'ils construisent, questionnent, font des deuils (aussi).
Le temps au final, n'est pas le même pour tous.
Des biz
Merci Cloudy, ton feedback me touche et m'encourage à écrire.
DeleteTu arrives à mettre en place un mode "pause" au moins partiel ? Quelques heures, par-ci, par-là ?
Quelle chance pour ceux que tu accompagnes, d'avoir quelqu'un qui comprend la nature de ce qu'ils vivent, qui ne les juge pas... Bravo à toi....
Je ne travaille plus un jour par ce semaine, un jour qui m'est dédié. C'est un luxe.
DeleteJ'ai lu Jollien (Le métier d'homme) et ce livre m'a grandement inspirée...
Pour mon travail, j'ai la chance aussi d'être drivée par une directrice qui met la personne au cœur de l'accompagnement. Point de vue que je partage totalement.
On ne peut avancer sans se respecter...
Des pensées :)
Top, ce jour par semaine. Oui, c'est une sorte de "luxe", mais tu le mérites.
DeleteJe vais voir qui est ce Jollien, tiens... Et si tu as un manager qui donne du sens à ce que tu fais... top, quelle chance!
Jollien nombreux sont ceux qui m'en parle des patients notamment... Pas encore lu!
ReplyDeleteCatherine